HISTOIRE COURTE DE LA NATUROPATHIE


Chère aux antiques traditions (Hippocrate, les Esséniens, la médecine chinoise, la médecine ayurvédique…), la Naturopathie Vitaliste traite depuis l’origine d’une « énergie vitale » intrinsèque dont il faut prendre soin.

La Naturopathie puise son origine chez les divinités médicales, à l’aube de l’humanité.

Au cœur de cette culture européenne, Hippocrate (459-377 avant J. C.) devint le père incontesté de toute la médecine traditionnelle occidentale avec pour grands principes :

-  Le vitalisme, ou puissance propre à la vie
-  L’équilibre des humeurs
-  Les lois d’analogie, des semblables, des contraires

« Primum non nocere », d’abord, ne pas nuire (Hippocrate), et considérer chaque malade comme un cas unique nécessitant un traitement individualisé selon sa constitution.

Le concept fondamental de la médecine hippocratique est que la nature tend à maintenir un état de stabilité. Chez les sujets en bonne santé, il existe une harmonie entre les éléments constitutifs de l’organisme. La maladie apparaît quand cet équilibre est rompu. C’est au médecin de rétablir l’équilibre.

Cette approche découle directement du regard nouveau sur la nature des Ioniens, qui définissent quatre éléments, le feu, l’air, la terre et l’eau et quatre qualités, le chaud, le sec, le froid, l’humide.

De même, les médecins décrivent quatre humeurs, le sang, la bile jaune, la bile noire (l’atrabile) et le flegme. Pour Hippocrate, le sang provient du coeur, la bile du foie, la bile noire de la rate, et le flegme du cerveau. Ces humeurs circulent et se mélangent dans le corps, sous l’influence du "chaud inné", une énergie provenant du coeur et engendrant des humeurs à partir des aliments consommés.

Le médecin hippocratique tient compte du "tempérament" de son patient, c’est-à-dire de l’équilibre des quatre humeurs qui définissent son caractère et sa personnalité. Il y a des sanguins, des bilieux, des mélancoliques et des flegmatiques...

Les médecins hippocratiques pensent que la nature est une force constructive et que le corps humain tend à se guérir lui-même.

Hippocrate pose les bases d’un code d’éthique et de déontologie qui demeure intact jusqu’à aujourd’hui.

Certains génies marquèrent les siècles et modelèrent les différentes époques : médecines romaine, arabe, médiévale etc.).

Le XIXème siècle scientifique marque un tournant par rapport à la tradition hippocratique à travers les idées de VIRCHOW (notion de pathologie cellulaire), des chimistes PASTEUR (spécificité des maladies infectieuses et notion de contagion) et LIEBIG (théorie des calories et négation du vitalisme).

Vers 1835, François MAGENDIE pose les bases scientifiques de la pharmacologie moderne (morphine, narcotine, strychnine, émétine, brucine, digitaline) et découvre l’injection intraveineuse.

En 1865, son élève, Claude BERNARD, crée le concept d’homéostasie : « Tous les mécanismes vitaux, quelque variés qu’ils soient, n’ont toujours qu’un seul but, celui de maintenir l’unité des conditions de la vie dans le milieu intérieur ».

Cette époque est marquée par un conflit ouvert entre le matérialisme et le vitalisme, tant au niveau biologique que philosophique.

Si les idées évoluent rapidement au XIXème siècle, la pratique médicale reste sans grands changements depuis l’époque de Molière : telle fut d’ailleurs la cause des travaux de recherche du médecin allemand HAHNEMANN (1755-1843) qui conçut l’Homéopathie pour répondre aux incohérences et aux échecs médicaux de son époque.

Dans toute l’Europe du XIXème siècle et jusqu’à la dernière guerre mondiale, la médecine populaire avait une grande audience et on pouvait trouver dans chaque ville ou chaque village des rebouteux, des barreurs et autres guérisseurs en tous genres.

C’est en Allemagne que la Naturopathie trouva également son impulsion, grâce aux conceptions de chercheurs non médecins, tel le curé Sébastien KNEIPP (1821-1897), PRIESSNITZ (1799-1852), HAHN (1824-1883), SCHROTH et surtout BILZ qui créa sa fameuse CLINIQUE DE MEDICATION NATURELLE à DRESDE.

Certains praticiens allemands émigrèrent outre-Atlantique pour y développer leur art.

Ce fut le cas notamment des deux pionniers de la naturopathie, Bénédict LUST (1872-1945), le fondateur, qui arriva pour la seconde fois aux USA. en 1896 après s’être guéri en ALLEMAGNE d’une tuberculose en appliquant la méthode KNEIPP, et Henry LINDLAHR à CHICAGO (1862-1925), rejoints par Bernard MAC FADDEN (1868-1955).

C’est en 1895 que John TILDEN et John SCHEEL créent le vocable de « Naturopathy », provenant de « nature’s path », le chemin de la nature, venant compléter le concept d’hygiénisme déjà fort répandu par TRALL, TAYLOR, JENNINGS, WHITE et enfin SHELTON qui développa la notion de compatibilités alimentaires.

Ainsi, depuis 1902, la « Naturopathy » fut enregistrée, institutionnalisée et enseignée dans les universités de médecine américaines au même titre que l’Ostéopathie ou l’Homéopathie. On pouvait dénombrer 12 écoles de Naturopathie aux USA. en 1927.

Onze états américains autorisent pleinement la pratique de la Naturopathie, laquelle est toujours enseignée dans quatre écoles à plein temps et sept écoles par correspondance avec stages.

Au CANADA, c’est le docteur CHEVREFILS qui développa et enseigna la Naturopathie au début du siècle, suivi par ses élèves BRUNET et BARBEAU. Les écoles de Naturopathie sont très actives dans ce pays.

De même, en ANGLETERRE, THOMSON créa la KLINGSTONE CLINIC près d’EDIMBOURG avec une école de santé, LIEF fonda la « Nature cure » à LONDRES et JARVIS l’école d’Ostéopathie et de Naturopathie. Ces écoles sont réputées et depuis deux ans, un Naturopathe peut être affecté à chaque service hospitalier public.

En ALLEMAGNE, la profession de Heilpraktiker (praticien de santé), existe depuis 1939. Les praticiens se dénombrent par milliers dans une organisation professionnelle parfaitement structurée et officialisée. Les écoles allemandes acceptent les étudiants français depuis 1976 sous certaines conditions.

En FRANCE, au début du XXème siècle, le courant hygiéniste fut relativement peu marqué. Seul, le docteur Paul CARTON, père du naturisme, fit référence et autorité. A PARIS, les académies de culturisme prônaient de tels préceptes.

Le courant de « La Vie Claire » fut développé par Henri-Charles GEFFROY (1895-1981) qui impulsa les premières notions de végétarisme. De même, Maurice LEMARCHAND fut l’initiateur des compléments alimentaires.

A son retour des USA dans les années 40, le biologiste Pierre-Valentin MARCHESSEAU (1910-1994) rapporte en FRANCE le vocable et le concept américain de « Naturopathie ». Considéré comme le père de la naturopathie moderne, Il réalise une vaste synthèse de plusieurs mouvements isolés d’Europe et d’outre Atlantique et il axe son enseignement sur le Vitalisme, représentant la capacité d’auto guérison d’un être vivant par rapport à son milieu.

Pierre-Valentin MARCHESSEAU a en outre abordé durant sa vie des thèmes aussi divers que la réincarnation, l’aura, la pensée qui guérit, la sexologie, la dépression, l’astrologie médicale, la force vitale…

Dans son école parisienne, la FACULTE LIBRE DE FRANCE, Pierre-Valentin MARCHESSEAU forme plusieurs générations d’hygiénistes et de Naturopathes précurseurs et pionniers, comme Désiré MERIEN, Albert MOSSERI, André PASSEBECQ, Grégoire JAUVAIS, André ROUX, de même que les responsables nationaux actuels des principales écoles de Naturopathie, comme Philippe et Chantal DARGERE, Alain ROUSSEAUX, Daniel KIEFFER, ainsi que de nombreux praticiens.

« Vis medicatrix naturae », La nature est guérisseuse (HIPPOCRATE)

TEMOIGNAGE

« J’étais diagnostiqué séropositif en 1986. Au moment du diagnostic, je me trouvais dans une clinique privée en Suisse pour me détoxiquer de l’héroïne et un groupe d’infirmières m’ont pris de côté pour me dire qu’aux Etats-unis il y avait des séropositifs qui avaient changé de mode de vie et qui vivaient bien. Mais de ne surtout pas répéter cela aux médecins ! Une graine essentielle a été semée dans ma vie. À ma sortie de clinique, j’ai commencé un suivi à l’Hôpital Cantonal de Genève et les médecins m’ont « donné » 5 ans à vivre.

En 1989 j’ai réussi à arrêter complètement la toxicomanie qui avait empoisonné ma vie pendant onze ans. La même année j’ai découvert une autre manière de concevoir la santé qui dépendait de moi et me demandait d’améliorer mon terrain plutôt que de lutter contre un virus. J’ai débuté alors un apprentissage de la santé globale et responsable. Au début des années 90 j’ai vu mes analyses sanguines et lymphocytaires s’améliorer et je ne suis plus retourné à l’hôpital depuis 1993 pour mes bilans bi-annuels.

Dans presque tout ce que nous entendons aujourd’hui, le pouvoir de guérison a été mis entre les mains de spécialistes. C’est oublier le formidable potentiel de l’être humain de se changer, face à une crise, et l’énergie dont il dispose pour se guérir et faire face.

Pour certaines conditions, la science médicale a apporté de formidables progrès. Mais soigner un être humain ne peut jamais être seulement une science. C’est un art. Chaque être humain est unique avec sa propre histoire et son environnement social. Réduire l’être humain aux analyses de laboratoire, c’est oublier les autres aspects de son existence qui interviennent tous, en symbiose, sur son état physique, mental, émotionnel et spirituel.

Les meilleurs soignants sont ceux qui accompagnent une personne à la découverte d’elle-même et de son potentiel à se prendre en main, en n’intervenant de l’extérieur qu’en cas d’urgence. " Primum non nocere ". En Chine, les médecins ne se faisaient payer que quand leurs patients étaient en bonne santé.

Les survivants à long terme existent. Ils sont étudiés depuis 1981 en Californie pour déterminer leurs points communs surtout d’ordre psychologique. Le livret " LIFE " résume un programme d’éducation de la santé en Californie qui dure 11 mois et qui passe en revue 19 co-facteurs qui ont une influence positive ou négative sur la santé des séropositifs. Les participants ont tous un soutien psychologique et la possibilité de pratiquer des thérapies naturelles de toutes sortes.

Statistiquement, en Occident, la mortalité est très faible par rapport au nombre de tests positifs. En Suisse, depuis 1985, il y a eu environ 25 000 personnes testées pour 5 000 morts. Cela veut dire que 80% des diagnostiqués sont toujours en vie après 18 ans de statistiques ! La mortalité due au Sida en Occident est de moins de 1% de la mortalité annuelle comparé par exemple au cancer qui représente plus de 30%.
En Occident, 80% des morts du Sida sont du sexe masculin. Je pense que c’est un scandale de continuer à entretenir la notion " d’épidémie de Sida ". Quant à l’Afrique, vous pouvez découvrir le Dr FIALA à ce sujet.*

Aux Etats-Unis, depuis quelques années, les médecins reconnaissent les limitations et les dangers des " cocktails d’antirétroviraux ". Il y a des chefs de service qui entretiennent des groupes de patients qui ne prennent aucun antirétroviral ! Ils ont compris l’importance de soutenir leurs patients dans un mode de vie "immuno-stimulateur".

En Suisse, il existe une fédération de thérapeutes en médecine complémentaire qui est reconnue par l’Etat et remboursée par les assurances. À quand une telle initiative en France ?

Je rêve d’une médecine de demain, où prévention et éducation à la santé iront main dans la main avec une médecine d’intervention. La guerre entre ces deux écoles de médecine doit cesser.

Que la faillite de la science contemporaine illustrée par la recherche sur le Sida soit l’occasion de créer une politique de santé qui servira l’homme plutôt que l’industrie.
Je souhaiterais que les milliards de dollars gaspillés depuis 20 ans au nom de la recherche sur le Sida soient redirigés vers une lutte POUR la santé plutôt que CONTRE la maladie. »

Mark Griffiths, Château de Mouans-Sartoux, 23 juin 2001.